Affaire(s) à suivre … - (55 min)

Un chef d’entreprise est en garde-à-vue pour des fausses factures. Ce qui va se dire pendant ces 48 heures, va révéler une vaste opération de corruption politique mettant en cause des membres du gouvernement.

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Affiche

Un film écrit et réalisé par Bernard Boespflug. Image Michel Dunan. Son Maxime Gavaudan. Montage Éric Renault. Musique Pierre Boespflug & Hal du groupe Chiens de Paille.

Avec Féodor Atkine, Robin Renucci, Frédéric Coupet, Antoine Gaudino.

Produit par Thierry Aflalou pour Comic Strip Production, et la coproduction de France 3 Méditerranée. 35 mm Noir & Blanc et couleur. Durée 55 minutes. Année 2002.

Sortie nationale en salles le 26 juin 2002 par Colifilms Distribution.

Sélectionné aux festivals d’Aix-en-Provence, La Ciotat, Clermond-Ferrand (mention prix de la recherche), d’Aubagne (prix de la mise en scène). Diffusé sur ARTE.

SYNOPSIS :

Dans le cadre d’une enquête portant sur de fausses factures, un chef d’entreprise Jacques Lechatelier (Féodor Atkine) se retrouve en garde-à-vue dans les locaux de la brigade financière de Marseille. Les inspecteurs Charlier (Robin Renucci) et Giraud (Frédéric Coupet) sont chargés de l’enquête. Plutôt qu’un interrogatoire, c’est un dialogue qui s’instaure au cœur de la nuit entre les trois hommes, et oppose deux conceptions de la société. Après une nuit cauchemardesque passée dans les geôles, Jacques Lechatelier commence à se montrer sensible au point de vue de l’inspecteur Charlier. Ses dernières réticences tombent à l’évocation des raisons de son acceptation contrainte d’un système de corruption et du regard que sa fille de dix ans pourrait porter sur lui.

Après l’avoir emmené dîner dans un restaurant proche de l’opéra ouvert toute la nuit, les inspecteurs vont être sidéré de ce que l’homme d’affaire va leur révéler : trafic d’influence, corruption, marchés publics truquées, collusion. Un pan entier d’un système de financement politique occulte se dévoile. Pour la première fois, ils ont des preuves et les noms de tous ceux qui sont impliqués, dont des hommes politiques de premier plan de la région.

Cette histoire, racontée quelque temps plus tard par les inspecteurs, va s’avérer être le point de départ d’un formidable scandale politico-judiciaire qui va secouer la France. Alors que l’enquête semble au point mort, l’inspecteur Charlier s’apprête à prendre les français à témoin en allant sur le plateau du journal télévisé d’une grande chaîne nationale.

Affaire(s) à suivre…

Ce film est inspiré de faits réels qui ont débouché sur l’affaire URBA GRACO. L’inspecteur Antoine Gaudino, qui joue dans le film, fut le véritable enquêteur qui révéla le financement occulte de la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1988. Afin de prendre à témoin les français, alors que la justice bloquait l’enquête, Antoine Gaudino écrivit deux livres (« L’enquête impossible » et « Le procès impossible », publiés chez Albin Michel) qui finirent par faire plier le pouvoir. Pour une enquête réussie, il fut révoquer.

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Antoine Gaudino

Propos d’Antoine Gaudino sur le film (in dossier de presse) :

« Ce film a l’immense mérite de montrer à l’écran pour la première fois, ce qui a permis de faire sauter le verrou du silence sur la corruption politique. On découvre ainsi que le point de départ de cet extraordinaire tournant dans l’histoire politico-judiciaire de la France, tient essentiellement d’un débat qui s’est instauré au cours d’une garde-à-vue, entre deux simples flics accrochés à une idée de justice et un chef d’entreprise du bâtiment, pour qui le trafic d’influence constituait un passage obligé lors de l’obtention de marchés publics. On réalise que ce n’est donc pas dans le luxe des palais nationaux où s’expriment trop souvent les seules intentions, mais dans le décor particulièrement modeste d’une PJ Financière, qu’est née la force de l’action qui a enfin sorti les élus corrompus d’une impunité totale. On ne peut oublier après avoir vu ce film que la démocratie reste sérieusement menacée quand la défense des droits corporatistes l’emporte sur celle des devoirs envers la société. La fiction rejoint merveilleusement bien la réalité, celle que j’ai vécu en ayant été l’un de ces deux simples flics.  »

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Féodor Atkine-Bernard Boespflug-Robin Renucci-photo JM Haedrich/VISUAL
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