De barres de fer, nos hommes ont fait des navires - (52 min)

Des femmes racontent les chantiers navals de la Seyne-sur-Mer. Il se dégage de leur parole un regard chaleureux sur un modèle social qui était né au cœur de cette industrie prométhéenne, fait d’une communauté d’hommes et de femmes de toutes conditions et d’origines et qui fait cruellement défaut aujourd’hui.

Un film écrit, filmé et réalisé par Bernard Bœspflug. Montage Alain Caron. Produit par Thierry Aflalou pour Comic Strip Production et la coproduction de France 3 Méditerranée et France 3 Corse. Durée 52 minutes. Année 2010.

De barres de fer, nos hommes ont fait des navires- extrait n°1 from bernard boespflug on Vimeo.

De barres de fer, nos hommes ont fait des navires - Extrait n°2 from bernard boespflug on Vimeo.

Le titre De barres de fer, nos hommes ont fait des navires annonce clairement le point de vue de ce film : le regard porté par des femmes sur les chantiers navals de La Seyne-sur-Mer à côté de Toulon (FCM, CNIM). Une manière de raconter, non pas l’activité industrielle d’une construction navale qui dura plus d’un siècle et demi, mais la vie autour, d’interroger un modèle social inventé par des hommes qui croyaient en une société plus juste, qui tiendrait compte des plus faible, pour qui l’éducation populaire serait une priorité afin d’émanciper une classe ouvrière, de soigner tous ses membres et d’offrir le droit au loisir. Une société qui s’inspire des réflexions du CNR (Conseil National de la Résistance). Ces femmes, épouses d’ouvriers, de cadres, sœurs, mères ou employées elles-mêmes, plongent dans leur mémoire, pour faire revivre une époque heureuse, malgré la dureté et la dangerosité du travail. Époque heureuse car chacun se sentait appartenir à une communauté solidaire qui acceptait les différences sans les aplanir, un temps où chacun avait conscience du bien collectif. Elles racontent aussi leur douleur lors de la fin programmée par l’Europe et le gouvernement français des chantiers au cours des années quatre-vingt (La NORMED). Comment elles luttèrent au côté de leurs hommes. Mais pour casser cette lutte, les autorités politiques firent raser le chantier comme si elles avaient voulu effacer cette histoire. Vingt ans après la disparition, ces femmes libèrent une parole qui s’était tue, et osent enfin exhumer leur mémoire ouvrière.

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