Nikos Kazantzaki, panthère ma compagne - (50 min)

Portrait de l’écrivain crétois Nikos Kazantzaki, auteur de "Zorba le grec" ou de "La dernière tentation du Christ".

Ce film fait partie de la collection “Un siècle d’écrivains“, série initiée pour France 3 et dirigée par Bernard Rapp.

Un film écrit et réalisé par Bernard Bœspflug. Coauteur Dominique Brard. Image Michel Dunan. Montage Patrick Bouquet. Musique Pierre Boespflug. Produit par Dominique Gibrail pour les Films du tambour de Soie, en coproduction avec France 3 pour la collection Un siècle d’écrivains. Durée 50 minutes. Année 2000.

Adapté au cinéma par de grands noms (Martin Scorsese, La dernière tentation du Christ ; Jules Dassin, Celui qui doit mourir ; ou le Zorba le Grec brillamment interprété par Anthony Quinn), Nikos Kazantzaki est une figure majeure de la littérature grecque de la première moitié du XXème siècle.

Né en Crète en 1883 au cœur de la guerre sanglante d’indépendance contre l’empire ottoman, l’écrivain se fera combattant, se servant de sa plume comme arme. Marqué par la violence dans son enfance, la misère qui suivra la première guerre mondiale d’une Europe déchirée sous les yeux d’un jeune homme voyageant, Nikos Kazantzaki est un être profondément déchiré, hésitant entre la contemplation et l’action, l’art ou la politique, l’ascétisme ou le monde. Parcourant le monde là où il se joue, il cherche dans de grandes figures du passé (le Christ) ou du présent (Freud), réel (Lénine) ou mythologique (Ulysse), le combattant de la liberté parce que cette lutte est l’expression même de la vie. Il se fait le témoin, le narrateur, le scribe de cette lutte pour la liberté des peuples et de luttes plus personnelles avec ses contemporains, ou plus intérieures. C’est un être déchiré, conscient de sa propre dualité. Il se trouve au carrefour de la Grèce Antique, du Christianisme et du Communisme et loin d’opérer un choix entre ces antagonistes, il va les superposer, les porter en lui, les unir.

Le film, entièrement tourné en Crète, à travers des lectures croisées de son autobiographie (Lettre au Gréco), des romans, de ses récits de voyages et de sa correspondance, révèle un homme dans un premier temps insaisissable et met en évidence le dialogue poursuivi sans cesse par Kazantzaki avec lui-même. Ce dialogue nous conduit naturellement au cœur de ses contradictions, mais aussi à l’origine de son talent, celui d’un grand conteur oriental. La mise en scène travaille à rendre sensible la dualité de l’écrivain, en mélangeant deux supports différents de prise de vues, le numérique et le Super 8. En filmant sa terre natale, revenant sur les lieux de son enfance, en parcourant son continent insulaire comme une métaphore à ses vrais voyages, les images sont à l’écran des natures mortes sur lesquelles la parole littéraire prend appui pour féconder l’imagination du spectateur.

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